Un parcours entre un travail de dessin d'Amélie de Beauffort et un travail de photo de Charles de Lantsheere.

Traversant quatre lieux d'expression mutations : le dessin, la photo, la digitalisation et l'impression,

L'exposition propose de tenir le fil de l'intrigue topologique*. Semblable à la démarche des plasticiens, l'accrochage donne à voir une topologie ou des dessins et des impressions numériques sont à la fois autonomes et en continuité.

Le dessin

Tout commence dans le travail d'Amélie de Beauffort par un dessin conçu comme l'enroulement d'une surface clôturée à la façon d'un ruban de Möbius. Le nouage de la bande engendre un lieu ambigu où la maîtrise s'effondre.

Le langage mis en oeuvre par l'artiste trace des itinéraires qui arpentent la surface möebienne du dessin.

Dans ces cheminements, chaque décision prise (nouer, joindre, plier, peindre, couper, poinçonner, flécher) suit une logique interne dictée par l'oeuvre .

Le dessin peut se développer selon deux états.

Soit il est en expansion et exposé en volume.

Soit le noeud est écrasé, concentré dans une mise à plat,

Ces deux états affirment l'hétérogénéité entre la perception locale et l'appréhension globale de la pièce .

Les images imprimées

Charles de Lantsheere prend position dans la topologie mise en place par de Beauffort. Ses photographies isolent les indices de continuité et de torsion de la surface dessinée. Elles déploient   une nouvelle entité où l'optique opère un rabattement, une autre mise à plat.

Les photos conservent leur autonomie et leurs propres moyens plastiques.

Les éléments du dessin changent de nature lors de leur ré articulation par la photographie, par exemple : les poinçons deviennent des points, une projection de lumière devient un rectangle.

Au-delà du travail de dessin et de photographie, la digitalisation et l'impression menées conjointement par les deux artistes, confèrent une réalité propre à l'image imprimée où des éléments sont projetés hors échelle. La projection d'encre disperse les limites, crée un flou qui étale   la profondeur.

Les images imprimées sont réalisées sur papier torchon pour opérer un retour vers le dessin au-delà de la photographie.

* topologie : étude des déformations continues en géométrie.